ActuExtension de la vidéosurveillance à Villiers-sur-Marne : souriez, vous êtes filmé.e.s !

27 janvier 2021

Lors du conseil municipal du 14 janvier 2021, le maire a fait part aux élu.e.s de sa volonté de remplacer et d’étendre le dispositif de « vidéoprotection » à Villiers-sur-Marne. En dépit des études que nous avons portées à sa connaissance, démontrant l’inefficacité de la vidéosurveillance tant sur le volet préventif que répressif, la majorité, avec l’assentiment de l’opposition PS-LREM, persiste dans une énième opération coûteuse, sans résultats probants au rendez-vous pour la sécurité des villiérain.e.s.

Le sociologue de la délinquance et des politiques de sécurité Laurent Mucchielli pourtant l’affirme : la vidéosurveillance ne sert presque à rien ! Nous pourrions opposer à cela que presque, c’est toujours mieux que rien. Mais que faire alors de ces chiffres qui interrogent : « l’apport de cette technologie dans les enquêtes judiciaires ne serait en effet que de 1 % à 3 % […] pourtant, seules les chambres régionales des comptes ont épinglé le coût excessif de ces équipements (à Saint-Étienne, Lyon et Nice notamment) ».

Vidéosurveillance, quels résultats à Villiers-sur-Marne ? Nous n’aurons jamais la réponse…

Allons plus loin, dans son ouvrage Vous êtes filmés ! Enquête sur le bluff de la vidéosurveillance (Armand Colin, 2018) Mucchielli mène une enquête de terrain dans une ville moyenne de 18 500 habitants où les « problèmes sociaux sont assez élevés, et la délinquance une réalité : cambriolages, vols de voiture (et sur les voitures), vols de deux-roues et dégradations pour l’essentiel ». Dans cette ville, un dispositif de caméras dernier cri, un centre de supervision urbaine (CSU) avec quatre employés à temps plein et un chef de service à mi-temps, le tout pour plus de 300 000 € par an en investissement et fonctionnement. Le constat est sans appel : « les opérateurs s’ennuient devant leurs écrans. En moyenne, sur une semaine de six jours, un agent traitera quatre petits incidents (problèmes de circulation, de stationnement, d’encombrants…). Et seuls 6 % des 800 incidents constatés dans l’année relèvent de la délinquance. La vidéosurveillance n’a contribué à l’élucidation d’enquêtes policières que dans 2 % des cas [à comprendre par là 2% des cas déclarés !]. Seul effet notable des caméras : la délinquance s’est déplacée ailleurs ».

C’est en ce sens que nous avons proposé à la majorité un moratoire sur l’extension de la vidéosurveillance le temps de réaliser un nécessaire état des lieux. Hélas, à ce jour, le maire et son équipe se sont trouvés incapables de nous apporter ne serait-ce qu’une seule donnée chiffrée sur un dispositif pourtant en place depuis 13 ans à Villiers. Le peu d’informations dont nous disposons viennent du Parisien dans un article de 2019 : 51 machines installées pour 600 000 € dont une partie n’a tenu que 4 jours ; et de l’aveu de la majorité elle-même : un matériel obsolète et inefficace. Sur la diminution de la délinquance, par contre, aucune donnée tangible.

Rappelons tout de même que comme le montre l’étude de Mucchielli, plus de technologie ne veut pas dire plus d’efficacité. Raison pour laquelle nous avons toujours défendu une approche humaine des questions de paix sociale comme le montre le volet prévention et tranquillité publique de notre programme.

Sur la « vidéoprotection » : LREM-PS-Bénisti même combat !

En dépit du bon sens, la majorité a mis de côté notre proposition de moratoire et d’état des lieux sur la vidéosurveillance à Villiers-sur-Marne. Face à ce refus, nous, élu.e.s Villiers à venir, nous sommes opposé.e.s à cette délibération.

Nous ne pouvons en dire de même des élu.e.s LREM-PS, tou.te.s favorables à cette décision. Mais notre plus grand étonnement nous vient du silence de Frédéric Massot (PS), chef de file de cette opposition et candidat lors des dernières élections, ayant visiblement rejoint le maire sur ses positions. Pourtant, il y a encore quelques années, lors d’une précédente extension de la « vidéoprotection » à Villiers-sur-Marne, celui-ci allait dans notre sens s’exprimant ainsi dans Le Parisien : « Nous marquons notre désaccord sur ce projet. C’est de la surveillance, puisque les images sont regardées en temps réel, et non de la protection, qui consisterait simplement à enregistrer ces images en cas de besoin. Une police de proximité lutterait plus efficacement contre la délinquance ! » 

Ceci ne l’a pas empêché de voter avec son groupe pour plus de caméras ce 14 janvier. Droitisation ? Opportunisme ? Chacun sera libre d’en juger. Nous observons tout de même que Frédéric Massot réussit l’exploit de se contredire lui-même.

Prévention + cohésion sociale = Sécurité 

La sécurité ne doit pas être abordée de manière idéologique ou électoraliste. Elle est une question sérieuse qui requiert méthodologie et rationalité. De nombreux exemples à travers le monde ont fait la preuve qu’une plus grande proximité avec la population, des efforts mis sur la prévention, l’éducation, la cohésion et le lien social permettent de régler nombre d’incivilités et d’actes de délinquance en amont des recours répressifs. Tel a toujours été le sens de notre propos et de nos propositions : Prévention + cohésion sociale = sécurité !

Plutôt que de perdre du temps dans des postures politiciennes, il serait temps d’aller au fond des questions pour y répondre. L’(auto)surveillance généralisée n’apportera jamais la paix sociale et la tranquillité publique.

 

L’équipe Villiers à Venir et vos élu.e.s Adel Amara, Virginie Cincet, Mamadou Dramé

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